Succession franco-marocaine à Marseille : loi applicable et Moudawwana

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succession franco-marocaine

Quel droit s’applique à une succession franco-marocaine ?

Vu de France, la loi applicable est désignée par le règlement européen ; vu du Maroc, par le droit marocain. La maîtrise de leur interaction est indispensable avant d’engager toute démarche.

La convention franco-marocaine du 10 août 1981 : ce qu’elle ne règle pas

Vu de France

le règlement européen n° 650/2012 désigne la loi de la dernière résidence habituelle du défunt pour l’ensemble de ses biens, meubles et immeubles, où qu’ils se trouvent, sauf choix par testament de la loi de sa nationalité.

Vu du Maroc

les autorités marocaines appliquent en principe le Code de la famille (Moudawwana) à la succession de leurs ressortissants, notamment pour les biens situés au Maroc.

Conséquence pratique

un défunt de nationalité marocaine résidant à Marseille verra, vu de France, toute sa succession (comptes français inclus) régie par le droit français, sauf s’il a choisi la loi marocaine par testament ; les autorités marocaines peuvent toutefois appliquer le droit marocain aux biens situés au Maroc. Pour un défunt de nationalité française résidant au Maroc, le règlement désigne la loi marocaine, qui peut elle-même renvoyer à la loi française (article 34 du règlement) : une analyse au cas par cas s’impose. Ces écarts peuvent modifier substantiellement les droits de chaque héritier.

La Moudawwana : ce qu’elle change en pratique

La Moudawwana (Code de la famille marocain, qui a remplacé en 2004 l’ancien code du statut personnel) régit notamment les successions des Marocains de confession musulmane ; les Marocains de confession juive relèvent du statut personnel hébraïque marocain. Elle prévoit des règles de dévolution différentes du droit français :

  • Héritiers à parts fixes : le droit marocain attribue des parts déterminées à certains héritiers, dont le conjoint survivant et les filles, selon des règles différentes du droit français. Par exemple, en l’absence de fils, une fille unique reçoit la moitié et deux filles ou plus reçoivent ensemble les deux tiers ; lorsqu’il y a des fils, chaque fils reçoit une part double de celle d’une fille.
  • Conjoint survivant : sa quote-part varie selon la présence ou l’absence d’enfants et selon le sexe du défunt.
  • Héritiers par asabat : des agnats mâles (frères, oncles, cousins du côté paternel) peuvent être appelés à hériter en l’absence d’héritiers directs suffisants : règle sans équivalent en droit français.

Ces particularités sont déterminantes lorsque le droit marocain s’applique : choix de la loi marocaine par testament ou biens situés au Maroc réglés par les autorités marocaines.

Le règlement européen 650/2012

Le règlement (UE) n° 650/2012 s’applique en France aux successions ouvertes depuis le 17 août 2015, y compris lorsqu’elles concernent un État non membre comme le Maroc (article 20). Il désigne en principe la loi de la dernière résidence habituelle du défunt, qui régit l’ensemble de la succession.

Le Maroc n’est pas membre de l’Union européenne et n’est donc pas lié par le règlement : ses autorités appliquent leurs propres règles aux biens situés au Maroc. En l’absence de convention bilatérale sur la loi successorale, le notaire doit anticiper, bien par bien, les divergences possibles entre le résultat français et le résultat marocain.

Loi de la nationalité légale applicable aux biens meubles d'une succession à Marseille
étapes pratiques

Les étapes pratiques d’une succession franco-marocaine

Documents requis pour le volet français

Acte de décès marocain : ni légalisation ni apostille en principe

Il existe une dispense de légalisation des actes publics entre la France et le Maroc : les actes d’état civil marocains n’ont donc pas à être légalisés ni apostillés pour être produits en France. Le Maroc a par ailleurs adhéré en 2016 à la Convention de La Haye de 1961 sur l’apostille, ce qui simplifie les démarches avec d’autres pays.

Actes d’état civil des héritiers

, traduits par un traducteur assermenté si établis en arabe ou en amazigh.

Inventaire du patrimoine situé en France

titres de propriété, relevés bancaires, valeurs mobilières. La nature et la localisation de chaque bien conditionnent les formalités et la fiscalité.

Acte de notoriété

établi par Maître Combettes, identifiant les héritiers en application de la loi successorale désignée par le règlement européen (loi française, ou loi marocaine en cas de choix par testament).

Déclaration de succession

, déposée dans les 6 mois suivant le décès s’il est survenu en France, ou dans les 12 mois s’il est survenu hors de France (art. 641 CGI).

Apostille d'un acte d'état civil marocain pour une succession franco-marocaine à Marseille

Coordination avec le volet marocain

Pour les biens situés au Maroc, la procédure suit le droit marocain. Les actes sont établis par les professionnels marocains compétents (adouls ou notaires). Les héritiers peuvent avoir besoin d’un certificat d’hérédité marocain (warasat) pour débloquer les avoirs ou transférer les immeubles.

Maître Combettes coordonne les deux volets : alignement des calendriers, vérification de cohérence entre les actes français et marocains, anticipation des risques de double imposition. La convention fiscale franco-marocaine du 29 mai 1970 (modifiée par un avenant de 1989) ne comporte pas de règles générales pour les droits de succession ; l’impôt payé au Maroc sur les biens qui y sont situés peut, sous conditions, s’imputer sur les droits dus en France (art. 784 A du CGI).

Spécificités

Spécificités des dossiers franco-marocains à Marseille

Qualification juridique préalable

La première étape (déterminer quelle loi s’applique, vu de France et vu du Maroc) est aussi la plus décisive. Une erreur de qualification peut conduire à appliquer des règles de partage incorrectes, générer des actes nuls ou exposer les héritiers à un redressement fiscal.

Connaissance de la Moudawwana

Les règles de dévolution marocaines ne se réduisent pas à un parallèle simplifié avec le droit français. La composition de la famille (présence de fils, de filles, de neveux agnats, situation du conjoint) conduit à des résultats très différents d’un dossier à l’autre.

Réseau de correspondants

Traducteurs assermentés (arabe, darija), correspondants notariaux marocains, connaissance des démarches auprès des autorités marocaines.

Réponses claires

Questions fréquentes

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Premier entretien, Dossiers bilingues, Coordination France–Maroc, 04 91 46 08 90